Ah oui, qui suis-je ?

Pour tout vous dire, je ne suis pas un écrivain, en tout cas, je ne me considère pas comme tel. Ecrivain, c’est ce que je suis devenu. Ce que je suis aujourd’hui. Le livre n’étant pour moi que le support me permettant de m’exprimer. Mais je sais qu’un jour, au fil d’une rencontre, d’une opportunité, que d’autres moyens d’expression viendront se rajouter à ce support : BD, animation, etc.

En réalité, je suis un faiseur d’histoires. Un rêveur aux épopées fantastico-philosophiques ou comme j’aime le dire : un assembleur d’idées à ma sauce. Et là est toute la différence : je ne connais pas la page blanche, je ne cherche pas à inventer pour écrire un livre, j’écris parce que j’ai des histoires à partager…

Et ce qui est drôle dans cette aventure : c’est que j’ai eu un départ des plus compliqués avec la langue française. Un lourd fardeau que je porte depuis des décennies, mais qui aujourd’hui ne m’empêche plus d’avancer, voire me donne cette force essentielle qui nous pousse vers l’avant, vers notre but ultime : le bonheur d’être soi-même.

Si je devais me définir en une ligne – et c’est ce que je m’apprête à faire -, je dirais que je suis le fervent défenseur de cette idée : « tout est à la portée de chacun, tant que celui-ci y croit ! » Cette philosophie vous la retrouverez dans bon nombre de mes histoires, tout simplement parce que je suis l’un de ses exemples vivants. Je suis :

« Celui qui n’aurait pas dû écrire ! »

Un parcours atypique

Diagnostiqué dyslexique très jeune, j’ai accumulé les difficultés littéraires en prenant un sérieux retard dans l’apprentissage de la lecture à cause d’un astigmatisme dépisté trop tardivement. Eh oui, lire quand on ne voit pas les mots peut s’avérer être une tâche ardue ! ^^

De là s’en est suivi une longue période où le français ne fut pas mon meilleur ami. Avec des séries de dictées interminables, toutes soldées par la même note : 0. Et les mêmes échos du corps éducatif : « Ce n’est pas si grave, au moins toi, tu es bon en maths, t’iras en S ! » Ha Ha !

Mais c’est ce que j’ai fait, suivre les conseils de toutes ces voix et de cette société qui ne me voyait uniquement comme le matheux que j’étais : bac S, maths sup, fac de chimie, ma voie était toute tracée jusqu’au jour où j’ai tout plaqué pour entrer en école de cascade…

Wow ! qu’est-ce qu’il a dit ? Aurais-je zappé un détail ?

Non vous ne rêvez pas ! J’ai eu ce qu’on pourrait appeler un parcours atypique. Car après m’être formé à la cascade pendant 3 ans, je suis revenu aux études pour me replonger dans les lignes de code de la programmation informatique avant de retourner sur les bancs de la fac en psychologie… Maths, Chimie, Cascade, Métier de la scène, Programmation, Psychologie, la voie n’était pas si tracée que ça finalement…

Vous l’aurez compris, je me cherchais. En fait, pas tout à fait. En toute honnêteté, je fuyais l’évidence : j’étais différent !

Pendant que d’autres parlent, moi j’observe, j’écoute. Happé par un détail souvent insignifiant, mon esprit se met à divaguer et voilà qu’une intrigue germe, que des personnages apparaissent et qu’une histoire faite de briques prises ici et là commence à se dérouler sous mes yeux alors que je suis dans le train, probablement en route pour un rendez-vous très important… Mais à cet instant précis, je n’en ai que faire, car le temps s’est arrêté. Là, plongé dans mes pensées, la seule chose qui compte vraiment pour moi c’est qu’une nouvelle idée est née. Et qu’une aventure s’apprête à se dérouler sous mes yeux…

Voilà mon quotidien !

Le faiseur d’histoires n’était jamais à sa place. Et il en a toujours été ainsi aussi loin que puisse remonter ma mémoire. Dès l’enfance, j’inventais déjà des tas d’histoires – comme tous les gosses, me direz-vous ? -, mais alors que mes camarades du collège se mettaient au dessin ou d’autres hobbies « de grands », moi je continuais à rêver en secret.

Il m’a fallu du temps pour en prendre conscience. Beaucoup de temps, car ce n’est qu’avec le titre de psychologue en poche, après neuf années d’études universitaires en tout – la vache, j’aurais pu avoir un doctorat ! ^^ –  et un rapide passage à l’éducation nationale comme COP que j’ai enfin pris la plus importante décision de ma vie : arrêter les conneries ! Et d’accepter d’être qui je suis. D’être heureux ! Car si « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », le bonheur appartient à ceux qui n’abandonnent jamais leurs rêves !

Et voici qui je suis devenu : un mec qui croit que tout est possible lorsqu’on y croit vraiment et qu’on s’en donne les moyens. Un écrivain dyslexique. Un psychologue cascadeur. Un matheux qui jongle avec les mots, et qui aujourd’hui, se joue de ses maux.

Mais surtout, je suis un épanadiploseur* dans l’âme, donc…

Si nous finissions comme nous avons commencé :

Qui suis-je ?

 

J.D.R. WOLKYN

Rêveur

Combatif

Rebelle


* N’allez pas demander à votre amie la rousse ou à son mari Robert, ce mot n’existe pas ! Un ami l’a inventé pour moi en le dérivant d’« épanadiplose », figure de style consistant à terminer quelque chose avec son commencement. Oui, ça c’est l’un de mes dadas ! ^^

La dyslexie

Beaucoup me posent la question : est-ce vrai que tu es dyslexique ? A quel point ? Alors voici la réponse : je n’ai jamais su écrire sans faire de fautes ! Lorsqu’un mot à doubles consonnes se présente, une véritable bataille commence alors dans mon esprit, les partisans du « 1 » s’opposant avec ferveur à ceux du « 2 ». Heureusement pour mes migraines, les mots avec trois « p » sont rares dans notre langue, même si on a de belles perles à griller les neuronnes d’un dyslexique. (Là, il n’y a pas de bon exemple qui me vienne, mais mon expérience me dit que ça va pas tarder ! ^^)

Et là où ça se complique pour ma part, c’est que je suis dyslexique phonétique : j’écris les mots comme je les entends ou les prononce, et que pour simplifier la chose, parfois, je ne fais pas de distinction entre certains sons : i/é, s/ch, f/v, etc. Mais ça va, ce n’est que de temps en temps ! ^^

Mais quand on rajoute à ça une horreur qu’on appelle la syntaxe, il y a de quoi en perdre tous ses cheveux et de casser son clavier. Il faut bien un souffre-douleur, non ? ^^

Je ne pourrais l’expliquer : je peux apprendre un langage informatique, plusieurs mêmes, mais je ne suis pas foutu de savoir où placer une virgule dans une phrase. En fait si, je sais pourquoi : parce qu’il n’existe pas une règle, mais plusieurs. Les joies du français, « ça dépend ». Le cauchemar de tous ceux qui partagent mon handicap.

Donc la réponse est oui ! Je suis incapable d’écrire un paragraphe sans faute. Durant ma scolarité, cela m’a causé du tort, mais j’ai vite appris à « camoufler » ce handicap grâce à mes connaissances et à ma rigueur. Donnez à manger aux professeurs et ils vous pardonneront des petites coquilles. ^^ Et je pense aussi que mes camarades m’ont aidé à leurs dépens, car faut dire qu’en filière scientifique le niveau d’orthographe des non-dyslexiques n’est pas glorieux. Mais revenons à nos moutons, car la véritable question n’était-elle pas : comment puis-je écrire un roman en faisant des fautes à n’en plus finir ?

En l’acceptant, tout simplement. Et en prenant conscience que même les plus grands auteurs font des fautes. Que tout auteur a besoin d’être relu.

Et en bossant plus qu’eux, c’est tout !

Vu que je ne « sais » pas écrire, je dois passer plus de temps à me corriger, à faire relire mon texte, mais… je l’ai accepté. On ne peut pas être différents et faire comme les autres. Je suis hors norme, je me suis adapté.

Par chance, aujourd’hui il a de nombreuses méthodes pour m’aider dans cette tâche : correcteurs intégrés, logiciels de correction orthographique, etc. Mais cela ne suffit pas pour écrire un livre. En effet, on ne pourra jamais remplacer l’humain. Rien n’est aussi performant que la cohésion d’êtres humains. C’est pourquoi la chose la plus difficile a été d’accepter que je serai toujours dépendant. Que j’aurai toujours besoin de l’autre. Que seul, je ne pourrai pas y arriver. Et vous savez ce que j’ai découvert quelque temps après avoir accepté cette dépendance ?

Seul, personne ne peut rien faire. Nous sommes tous interdépendants. Voilà notre force ! Drôle d’ironie, non ?

Par conséquent, je me suis mis en quête de correcteurs et de relecteurs pour m’aider. Rapidement des amis ont répondu présents, puis vous ne devinerez jamais quoi : j’en ai trouvé d’autres ! J’en ai même déniché un en jouant une Murder Party pendant une convention de geeks, surprenant non ? Et parce que la vie n’est faite que de cadeaux, aujourd’hui, nous sommes devenus amis ! N’est-ce pas fantastique ? On se croirait presque dans un conte de fées… Détrompez-vous, ce n’est que ma vie !

Souvent, je dis à ma compagne : « Chérie, merci pour tout. Sans toi je ne sais pas comment je ferais. » Et savez-vous ce qu’elle me répond ? « Ben, tu trouverais ! » Et elle a raison : quand on est prêt, tout se met en place pour qu’on y parvienne. Rappelez-vous les mots qui ont guidé Nelson Mandela : « Je suis le maître de mon destin, le capitaine de mon âme. » Les seules choses que nous devons faire pour mener notre bateau à destination sont : de croire en nous et d’être reconnaissant envers toutes les personnes qui nous aident et nous soutiennent au quotidien. Dans ce monde au rythme infernal, la reconnaissance est primordiale ! Ne cherchez pas à tout prix à rendre ce qu’on vous donne, pensez d’abord à remercier ! « Le partage est un cercle : si tu me donnes, je ne te rendrai pas forcément, mais je te remercierai et je continuerai la boucle en aidant quelqu’un d’autre, car c’est ça être humain : partager. » Qu’est-ce qu’on ferait sans l’autre ? Sans nos proches ? Sans celle qui partage nos rires et nos pleurs ?

La dyslexie est un handicap, un fardeau qui m’a longuement enragé, mais qui aujourd’hui m’a permis d’être celui que je suis. De surmonter beaucoup d’obstacles.

Peut-être que sans elle*, je ne serai pas là à vous écrire, allons savoir, ceci est une autre histoire ! ^^

Quoi qu’il en soit, dès aujourd’hui, lors de votre prochain dîner, vous pourrez vous vanter de connaître un écrivain dyslexique…

Et murmurer au plus septique que tout est possible !

 

N.B. Si vous souhaitez échanger à propos de la dyslexie, n’hésitez pas à me contacter. Mon parcours m’en a appris des choses… ^^ Surtout dans les domaines de l’insertion professionnelle et de la scolarité qui sont des passages « compliqués » pour nous autres, dyslexiques.


* Elle : pronom personnel désignant un sujet féminin. Oui, mais dans cette phrase, à qui/quoi fait-il référence ?

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